Dossiers | Histoire > la déportation


LA RECONNAISSANCE OFFICIELLE DANS LE MONDE ET LE CAS DE LA FRANCE


La reconnaissance dans le monde

Les situations sont bien sûr très diverses d'un pays à l'autre. Cependant on pourra retenir :
 

- En 1984 un groupe homosexuel autrichien dépose une plaque rappelant le martyr des Triangles Roses à Mathausen (ancien camp de concentration).



- En 1985, un Mémorial officiel est créé à Hambourg, en Allemagne.


 

camp de Dachau   camp de Mauthausen   Neuengamme

- En 1987 un monument officiel est érigé à Amsterdam et des réparations financières sont accordées dans tous les Pays-Bas.

- En 1988 l'Allemagne reconnaît un déporté pour motif d'homosexualité.


Berlin   San Francisco   Sydney

- En 1990, un Mémorial officiel est créé à Bologne en Italie. Il existe, aussi, un Mémorial à Londres, à Berlin et même à Sydney et à San Francisco et  pour les Femmes et les Hommes au Triangle Rose.

 

4 Septembre 2003 : Dans son rapport annuel sur les droits fondamentaux dans l'Union européenne, le Parlement européen se prononce pour la fin des lois communautariste sur le mariage et l'adoption. Le Parlement Européen demande aux pays membres de l'Union "d'abolir toute forme de discrimination -législatives ou de facto- dont sont encore victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d'adoption d'enfants". Le Parlement Européen demande ainsi aux pays membre de l'UE de rendre le mariage et l'adoption accessible à tous (et non aux seuls couples issus de la communauté hétérosexuelle comme c'est encore le cas dans certains pays).
La France ne respecte pas encore ces droits fondamentaux de la personne

 

 

La longue et difficile reconnaissance en France

A la différence de des pays cités ci-dessus, jusqu’à aujourd’hui, la déportation des homosexuel(le)s reste, en France, un sujet occulté, une mémoire confisquée. Lors de la Journée du Souvenir, les associations de déportés – dont la « Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes » - sont chargées de rendre hommage à ceux qui ont connu les Camps, mais refusent de reconnaître les homosexuels, malgré les protestations des associations gays et lesbiennes. En 1975, l’association G.L.H. de Paris tente de déposer une gerbe au Mémorial. Elle est immédiatement expulsée. La même situation se reproduit en 1984 à Paris, en 1985 à Besançon, ainsi que les années suivantes à Orléans, Nantes, Bordeaux, Lille et Nancy.

Le tournant 2001

Les choses bougent significativement en 2001, avec trois avancées significatives :

- M. Lionel Jospin, Premier Ministre, tient des propos explicites à ce sujet
le 26 avril 2001, trois jours avant la Journée de la Déportation : " Nul ne doit rester à l'écart de cette entreprise de mémoire. Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l'occupation contre certaines minorités, les réfugiés espagnols, les tziganes ou les homosexuels." C'est la première fois que la République française reconnaît cette déportation !

- Le secrétariat d'Etat aux Anciens combattants fait alors passer une circulaire aux préfets incitant à autoriser la présence des associations homosexuelles aux cérémonies.

- Surtout, une commission d'historiens est créée, pour étudier les archives du ministère, ouvertes à cette occasion. Cette commission est coordonnée par la très officielle la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Dans le rapport de cette Fondation (nov.2001), on recense 210 homosexuels persécutés et internés, dont 206 en provenance d'Alsace Moselle. Selon le secrétaire d'Etat à la Défense, chargé des Anciens combattants : pour lui " la réalité de la déportation homosexuelle ne peut plus être niée " et " les pouvoirs publics doivent dire haut et fort que cela est inacceptable. " De vrais changements ! Il compte reprendre la proposition de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation : un plaque accolée au Mémorial de l'Île de la Cité avec tous les triangles de tous les déportés par les nazis.

- Cependant tout n'est pas acquis, reste un gros blocage : les associations homosexuelles ne sont toujours pas autorisées dans les cérémonies officielles du Souvenir car statutairement celles-ci ne sont peuvent être organisées que par des associations de déportés ou de parents de déportés... Par ailleurs les pouvoirs publics ont une attitude qui varie du tout au tout selon les régions :

Lors de la cinquantième Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation , le dimanche 25 avril 2004, à Paris, Marseille, Biarritz, Le Mans, Lyon ou Bordeaux, les autorités préfectorales et municipales et les associations de déporté/es ont officiellement invitées les associations homosexuelles à se recueillir avec eux, les autorisant parfois à participer au dépôt de la gerbe unique (Marseille) ou à déposer une gerbe distincte au milieu de la cérémonie officielle (Le Mans).
En revanche, à Grenoble, Lille, Montpellier, Nîmes, Orléans ou Reims et Nancy, elles les ont peu ou prou mises à l'écart : fanfare militaire lancée en pleine minute de silence (Lille), menace de garde à vue (Montpellier), interdiction de tout dépôt de gerbe (Grenoble), retrait des drapeaux tricolore en plein dans la "2ème" cérémonie (Nancy)... Les autorités préfectorales qui ont pris part à ces manifestations d'homophobie ont pu s'y sentir encouragées par la circulaire du 8 avril 2004, qui observe un silence sibyllin sur la déportation homosexuelle, alors que les recommandations gouvernementales depuis 2001 mentionnaient explicitement que les associations qui portent le souvenir de cette déportation "peuvent se joindre à l'hommage que la France rend chaque année aux victimes du nazisme" et "déposer une gerbe"

 


2005, 2006: plusieurs réunions de travail on eut lieu entre le gouvernement et plusieurs associations homosexuelles avec une volonté d'avancer sur la question de la reconnaissance. Dans plusieurs régions, on observe des contacts courriers, des entrevues, des réunions entre ces associations et les Préfectures, les mairie chargées de coordonner les cérémonies officielles. Mais on constate de très grandes disparités entre les Préfectures et finalement très peu d'avancées... Dans cette même période, on apprend la triste disparition de Pierre Seel
, déporté alsacien pour motif d'homosexualité , arrêté à 17 ans grâce à la police française. Il s'est toujours battu pour être reconnu. Il est décédé le 25 novembre 2005 à l'age de 82ans.

INFO DU 20 AOÛT 2007:

Déportation des homosexuels: le gouvernement souhaite une plaque commémorative

Le secrétaire d'Etat à la Défense chargé des Anciens combattants, Alain Marleix, souhaite qu'une plaque commémorative soit dévoilée en 2008 pour les déportés homosexuels, ont indiqué lundi ses services.

Alain Marleix "soutient l'initiative de l'association 'Les Oublié(e)s de la Mémoire' qui souhaite voir apposer une plaque commémorative en souvenir et hommage aux déportés français et étrangers pour motif d'homosexualité", a déclaré le secrétariat d'Etat lundi dans un communiqué.
"Cette plaque pourrait être fixée sur le Mur du souvenir du camp de concentration du Struthof" (Bas-Rhin), a-t-il précisé.

La demande de l'association "sera soumise prochainement, pour avis, à la commission exécutive" du Struthof qui rassemble d'anciens déportés et internés, a ajouté Alain Marleix souhaitant qu'une plaque puisse être dévoilée dès 2008.

Parmi les déportés pour motif d'homosexualité au Struthof figurait Pierre Seel, décédé en 2005 et qui souhaitait qu'à côté des plaques rendant hommage aux différentes catégories de victimes, les déportés homosexuels soient représentés. Plusieurs associations LGBT portaient cette revendication depuis plusieurs années comme le Mémorial de la Déportation Homosexuelle.

Pierre Seel, qui avait témoigné de sa déportation dans un ouvrage autobiographique, avait perdu au Struthof son ami dévoré par les chiens des SS en 1941.

Le camp du Struthof, érigé en 1941, fut le seul construit par les nazis sur le territoire français, l'Alsace étant à l'époque territoire annexé par l'Allemagne. Environ 52.000 personnes y furent déportées et près de 22.000 y périrent.

Une reconnaissance d'Etat longue et difficile (ndlr  NG, rappel):

Grâce à l'action de personnalités comme Jean Le Bitoux et d'associations comme le Mémorial de la déportation homosexuelle, les Flamands roses, l'Inter-LGBT ou Homosexualités et socialisme, la France a reconnu la déportation homosexuelle le jeudi 26 avril 2001 par l'intermédiaire de Lionel Jospin, alors Premier ministre.

En 2005, Jacques Chirac, alors Président de la République a, à son tour, fait un pas supplémentaire vers la reconnaissance des déportés homosexuels par État.
La proposition faite par le secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants de Nicolas Sarkozy s'inscrit dans ce chemin long et difficile. Il reste d'ailleurs encore à la faire valider par la commission exécutive du Struthof qui rassemble d'anciens déportés et internés.

Mais, cette reconnaissance n'est pas encore effective dans tous les départements : si de pus en plus d'associations LGBT locales peuvent participer officiellement aux cérémonies du souvenir de la déportation le dernier dimanche d'avril, d'autres sont encore rejetés manu militari.

En France, on est encore loin des monuments commémoratifs spécifiques de la déportation homosexuelle, comme aux Pays-Bas ou le projet en cours de réalisation à Berlin.

Source E-LLICO, le 21/08/07
 

Février 2008:

La France a enfin son premier lieu de mémoire à Toulouse :

 
inaugurée le 23 février 2008 à Toulouse, quartier du Port Saint Sauveur.
 

Pierre SEEL, le seul déporté français pour homosexualité à avoir revendiqué le motif de sa Déportation, avait choisi Toulouse, pour mener son combat et y finir sa vie, le vendredi 25 novembre 2005.

La naissance de cette rue est l’aboutissement d’un travail mené depuis 2 ans. Le soutien des signatures de tous les élu-e-s de Toulouse, de personnalités publiques, d’associations de déportés, d’associations LGBT, et sans oublier les citoyens-nes anonymes ont grandement aidé à ce succès.

63 ans après la fin de la guerre, notre pays voit enfin, l’existence d’un lieu de mémoire consacré aux victimes de la Déportation pour motif d’homosexualité, plusieurs années après l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, les Etats-Unis, l’Italie et les Pays-Bas.

Toulouse est désormais à l'avant-garde de la reconnaissance mémorielle de cette Déportation. En espérant que cet événement sera le moteur principal dans l’apposition d’une plaque mémorielle au sein du camp de concentration et d’extermination de Natzweiler-Struthof.
 

Haut de page

|contact
|arborescence du site
|mentions légale

Copyright © 2004-2008 |Association NancyGay. Tous droits réservés. Design par DJI pour Kitgrafik.com