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LES HOMOSEXUEL(LE)S DANS LES CAMPS

 

Arrivés dans les camps, les déportés découvraient alors la classification hiérarchique élaborée par les nazis. Les SS les classaient en 4 groupes :

 - les adversaires politiques sont placés en haut de l'échelle. Ce sont souvent des opposants allemands. Pas question pour les nazis de s'en prendre à un des leurs. Un prisonnier politique est avant tout allemand !

 - les membres de races inférieures (juive, tzigane, …),

 - les criminels (violeurs, meutriers en tout genre ...)

 - et les asociaux, tels que les homosexuels… C’est la catégorie la plus basse et la plus dégradante.
 


Chacun le sait dans les camps : Les animaux ont plus de valeur que cette catégorie. La hiérarchisation des déportés, qui place les triangles roses parmi la plus basse caste du camp, a une conséquence tragique pour eux. En effet, les homos ont les plus grandes difficultés à entretenir des relations avec les autres déportés. Tous pour sauver sa peau ferment les yeux sur ce qui peut bien arriver à ses déchets. Les homos, eux, n’arrivent pas à être intégrés dans un « réseau de solidarité » comme le feront les juifs, les criminels, à moins d’avoir des relations sexuelles avec les kapos (chefs de baraquement) ou les soldats ; et encore là, ça pouvait devenir très dangereux.. Appartenant donc à la plus basse caste du camp, les travaux les plus pénibles et les tortures les plus dégradantes et les plus douloureuses leur étaient réservés.
 

Une cruauté spécifique et meurtrière concerne donc les homosexuels, que confirme l'autrichien Heinz Heger, détenu à Auschwitz : "Jusqu'en 1942, afin de réduire le nombre de prisonniers, il était usuel que chaque camp envoie à différents moments un contingent d'une centaine de déportés ou davantage vers les camps d'extermination où ces derniers étaient gazés ou injectés. Le choix de ceux qui devaient être liquidés relevait de la responsabilité du secrétariat du camp des prisonniers, à la tête duquel se trouvait le doyen. Lorsque celui-ci était un déporté politique, on a toujours pu constater que la plus grande partie des déportés envoyés à l'extermination était formée, et de loin, de déportés au triangle rose". De la sorte, les déportés pour homosexualité se retrouvaient par exemple dans la carrière de pierres de Buchenwald. Détenu au bloc 36, l'homosexuel Jaroslav Bartl témoigne : "Nous travaillons dans la carrières de pierres dans des conditions impossibles, sous les hurlements et les violences des contremaîtres, et sous la menace des fusils SS. Les blessures et les accidents mortels étaient quotidiens. Le kapo recevait chaque matin une liste de détenus, avec leur numéro, qui ne devaient pas rentrer".
 

Image extraite du film  "BENT"


Ils étaient aussi les cobayes préférés des nazis pour des expériences pseudo scientifiques : sur l’étude du paludisme, du typhus, de la stérilisation féminine, de la castration, ou encore des injections d’hormones synthétiques dans l’aine droite… afin d’obtenir, en principe, une inversion des tendances de l’individu !

Les camps de concentration de Dachau et d'Orianenburg reçoivent de nombreux homosexuels, dont de nombreux militants et d'autres qui avaient pris le risque de la visibilité, la torture et la délation faisant le reste. L'historien Eugène Kogon, chargé par les Alliés d'un rapport après le procès de Nuremberg et auteur de 'L' Etat SS', a pu identifier quant à lui d'autres destinations pour les homosexuels : "Concernant les transports vers les camps d'extermination tels ceux de Nordhausen, de Natzweiler ou de Gross-Rosen, les homosexuels fournissaient le plus fort pourcentage".
Les déportés homosexuels francais, sont quasiment tous passés par les camps de Schirmeck et du Struthof. Un certains nombre à été déplacé dans les camps allemands et/ou polonais.

Image extraite du téléfilm  "UN A MOUR A TAIRE"

 

Et les lesbiennes dans tout ça ? Selon l’idéologie nazie, la femme est d’abord celle qui procrée et, toujours selon eux, l’homosexualité féminine n’empêche pas d’atteindre cet objectif. Néanmoins, l’essence même de la femme allemande ne peut coexister avec le lesbianisme. Les lesbiennes semblent moins nombreuses, sont plus discrètes et surtout mettent moins en péril la pureté du sang allemand. Voilà les raisons qui expliquent que les nazis n’ont pas mené, comme ils l’ont fait, à l’égard des Pédés, une politique systématique d’extermination des gouines.

On sait que de nombreuses lesbiennes sont pourtant arrêtées, emprisonnées ou envoyées en camps de concentration. On trouve dans Zeit der Maskierung le récit de Lotte Hahm, une des plus grandes militantes lesbiennes berlinoises, arrêtée avant la guerre et envoyée en camp de travail pendant plusieurs années en raison de ses activités, entre autres la gestion d'associations et de clubs.

La présence de blocs réservés aux lesbiennes est attestée dans certains camps, comme à Bützow (ex-R.D.A.) où les lesbiennes étaient maltraitées et humiliées. Les SS incitaient les prisonniers du camp à les violer. Dans le camp de femmes de Ravensbrück, les lesbiennes portaient un triangle rose avec le sigle «LL» (Lesbische Liebe, amour lesbien). Mais le plus souvent, les lesbiennes portent le triangle noir des asociaux. Ce terme désigne tous ceux qui ne se conforment pas aux normes; il comprend les sans abris, les chômeurs, les prostituées

 

 

Image extraite du film "BENT"

Entre 1940 et 1944, les homosexuels de notre pays se retrouvent à la merci de la cruauté et de la barbarie fascistes. Ils sont livrés à la Gestapo qui détenait des listes remises par la police française. On ne connait pas le nombre total de déportés Francais, mais on sait précisément qu'au moins 206 homosexuels d'Alsace et de Moselle furent expulsés, torturés violés, déportés et/ou exterminés par l'occupant nazi.

Ils furent rares, ceux qui osèrent témoigner de ce qu'ils avaient vu et vécu dans les camps où les homosexuels subissaient les pires traitements de la part des SS et des kapos.
mars 1933: Dachau et début des rafles d'homosexuels en Allemagne ; plus de 100 000 seront déportés à Dachau.
On estime que 150 000 hommes et femmes homosexuel(le)s ou présumé(e)s homosexuel(le)s seront déportés et plus de 30 000 mourront dans les camps.

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