Le chanteur de Dancehall
Admiral T, notoirement connu pour ses textes appelant au meurtre des
homosexuels, entame une tournée en métropole.
Nancy ne sera pas épargnée, l'Autre Canal (établissement public de coopération
culturelle !) à programmé le chanteur homophobe le 24 novembre 2007 à 21H00.
Bien que l'artiste ait publié de timides excuses sur son site, il ne s'en est
jamais publiquement excusé et n'a pas reconnu le contenu homophobe de ses textes
pourtant plus qu'explicites: «On est venu pour brûler les pédés qui sont près de l'hôtel de
ville... Ils vont souffrir, souffrir... Au lieu de tirer au fusil sur ton frère,
tire sur eux... Ils vont cuire comme de l'eau dans un chauffe-eau... Les pédés,
c'est des cigarettes, brûlez-les comme des mégots...».
De nombreuses associations et collectifs
nationaux et régionaux, condamnent l'accueil réservé à cet artiste passé maître
dans l'art de cultiver l'ambiguïté sur ses valeurs plus que douteuses et
appellent au boycott et à la déprogrammation de cet "artiste".
NancyGay s'y associe en relayant cet
appel dans ce "OUT !" et en publiant le communiqué de presse de la Fédération
Française des Centres LGBT (ci-dessous).
COMMUNIQUE DE PRESSE
communiqué n°IC/CP/07/07
Paris, le mercredi 26 septembre 2007
ADMIRAL T
REVIENT :
LA MUSIQUE HOMOPHOBE NE DOIT PAS AVOIR CHAMP LIBRE !
(Tjenbé Rèd,
la CLF, la Fédération des CGL, Blue Book Paris et quatorze autres
organisations
appellent le Bataclan à refuser de passer des Follivores aux Follophobes)
VENDREDI 26 OCTOBRE, dans un mois jour pour jour, le chanteur
homophobe Admiral T entame une tournée en France ultramarine et
hexagonale. Pourtant, ce chanteur de dancehall n'a jamais désavoué les
paroles homophobes contenues dans (au moins) trois de ses chansons :
1°/ En 2001, dans «Makoumé» («Pédé»), ou «Brilé Yo» («Brûlez-les»),
ou «Batty Boy Dead Now» («À mort les pédés maintenant») - le titre de
cette chanson varie selon les albums et les compilations mais reste
évocateur -, il appelle ses fans au meurtre des homosexuels : «On est
venu pour brûler les pédés qui sont près de l'hôtel de ville... Ils vont
souffrir, souffrir... Au lieu de tirer au fusil sur ton frère, tire sur
eux... Ils vont cuire comme de l'eau dans un chauffe-eau... Les pédés,
c'est des cigarettes, brûlez-les comme des mégots...» [1] ;
2°/ En 2003, dans «Gwadada» («Guadeloupe»), il dresse la liste des
malheurs qui selon lui frappent la Guadeloupe : le chômage, les
agressions, les conflits sociaux, la sorcellerie, la drogue,
l'insécurité routière... et l'homosexualité - dont il a une vision pour
le moins partiale : «An Gwadada/ A lè-la ni an paket makoumè/ Plen jeun
ti boug ka fè makoumè/ Paskè i ni lagen an makoumè» («En Guadeloupe/
Maintenant il y a beaucoup de pédés/ Plein de jeunes mecs qui sont
pédés/ Parce qu'il y a du fric de pédé») [2] ;
3°/ En 2004, dans «Burn Pédofil» («Brûlez les pédophiles»), il
assimile homosexualité et pédophilie en chantant : «Pédofile sé papa
macoumè !» («Un pédophile c'est un père pédé !») [3].
LE 11 OCTOBRE DERNIER, sans avoir jamais désavoué ces appels à la
haine, Admiral T n'hésitait pas à écrire sur son site Internet :
«Quiconque s'intéresse à ma carrière [sait que] je suis le premier à
vouloir que les hommes et les femmes [...] de toutes moeurs puissent
vivre ensemble, libres et égaux, dans la tolérance. Je suis et serai
toujours pour le respect de l'autre et des différences. Je bannis la
violence et la haine» [4]. Mais ensuite, malgré ces paroles d'une
sincérité douteuse pour quiconque, précisément, s'intéresse à sa
carrière, il refusait de donner suite aux tentatives de médiation
engagées par l'association An Nou Allé (a fortiori, de présenter des
excuses). Mieux encore, il affirmait sans complexe, dans un communiqué
de presse rapporté par la lettre quotidienne du magazine Têtu le 8
décembre : «Je suis opposé à l'homophobie et je l'ai toujours été» ! [5]
Ces mensonges éhontés n'ont pas trompé le Conseil de Paris qui adoptait,
le 13 décembre, deux voeux demandant le retrait d'un Césaire de la
Musique malheureusement attribué le 23 octobre et le rejet sans
ambiguïté de la chanson «Batty Boy Dead Now» [6].
AUJOURD'HUI, Tjenbé Rèd, la Coordination lesbienne en France, la
Fédération française des Centres LGBT (lesbiens, gais, bi & trans), la
librairie militante LGBT Blue Book Paris, quatorze autres organisations
françaises, italiennes ou internationales et cinq figures du
militantisme LGBT français demandent de nouveau au maire de Paris,
Bertrand Delanoë, de leur indiquer le calendrier et les perspectives
qu'il entend suivre pour appliquer ces voeux [7]. Les signataires
demandent également au Bataclan, salle de concert parisienne qui
accueille la clientèle homosexuelle lors des soirées Follivores, de
renoncer à accueillir le chanteur homophobe Admiral T les 2 et 3
novembre.
Nous
appelons les acteurs culturels et les décideurs politiques régionaux à
rejeter, eux aussi, la haine homophobe, et à renoncer à programmer
Admiral T
le 26 octobre à Limoges (CCM John-Lennon), le 27 à Montluçon (MJC), le
30 à Strasbourg (La Laiterie), le 7 novembre à Toulouse (Bikini), le 13
à Lyon (Transbordeur), [le 15 à Marseille (Moulin) ?,] le 17 à Bordeaux
(«4 sans»), le 20 à Rouen (Exo 7),
le 24 à
Nancy (L'Autre Canal),
le 29 à Lorient (Palais des Congrès), le 30 à Saint-Renan (Brest)
(Espace culturel), le 8 décembre en Guadeloupe (Tba) et du 11 au 14 en
Martinique (Grand Carbet) [8].
Signataires : Tjenbé Rèd et
d'autres Membres de la Fédération:
CGLBT (Centre lesbien, gai, bi &
trans) Rennes
Couleurs gaies (Centre LGBT Metz
Lorraine-Nord),
Gay-Union (Lutte contre
l'homophobie et promotion des cultures homosexuelles sur l'île de la
Réunion),
Les Enfants terribles (Caen
Basse-Normandie),
Fédération française des Centres LGBT
Signataires :
Académie gay & lesbienne, Anne's Door (Milan), Arcigay Firenze-Il Giglio
Rosa (Italie), Blue Book Paris (librairie militante LGBT), CIBEL
(Compagnie des insoumises baladines enthousiastes et lesbiennes),
Conservatoire des archives et des mémoires LGBT, CLF (Coordination
lesbienne en France), EveryOne Group (Italie), Les «Oublié(e)s» de la
Mémoire (association civile homosexuelle du devoir de mémoire), Paris
Foot Gay, Pourquoi pas ? (Théâtre forum contre l'homophobie), Réseau
GayAmazonia (Guyane française | http://gayamazonia.over-blog.com),
Watching The Sky (Milan)
ainsi que cinq personnes physiques : Stéphane Aurousseau (ancien
président de Couleurs gaies), Philippe Couillet (vice-président des
«Oublié(e)s» de la Mémoire), Michel Motu (comédien, syndicaliste et
militant LGBT), Nicolas Pigois (syndicaliste, membre du bureau de la CGT
à la RATP et militant LGBT), Évelyne Rochedereux (présidente de CIBEL,
membre de la CLF)
[1] 19 mars
2007 - Lettre aux partenaires des Césaire de la Musique pour leur
demander d'exiger le retrait de la scandaleuse récompense décernée au
chanteur homophobe Admiral T - Communication n°ANA2007/58, note 2
http://www.tjenbered.fr/ana/2007/20070319-01.html#2b
[2] 2 avril 2007 - La SACEM et le ministère de la culture récompensent
le chanteur homophobe Admiral T - Communiqué de presse n°ANA2007/71,
note 4 (version française : LGT/MM/JJ/DA)
http://www.tjenbered.fr/ana/2007/20070402-01.html#4b
[4] 27 novembre 2006 - La «murder music» récompensée par un Césaire !
(Le CRAN, la Fédération des Centres LGBT et An Nou Allé demandent le
retrait du prix accordé au chanteur homophobe Admiral T, étrangement
cautionné par la mairie de Paris, et appellent à l'annulation de son
concert du 8 décembre au Zénith) - Communiqué de presse n°ANA2006/56,
note 1
http://www.tjenbered.fr/ana/2006/20061127-01.html#1b
[7] 13 juin 2007 - Affaire Admiral T : six mois après l'appel du Conseil
de Paris, le chanteur homophobe conserve son Césaire - Communiqué de
presse n°TR07POL07
http://www.tjenbered.fr/2007/20070613-00.html
Voici le rap d'un jeune hétéro
dédicacé à son ami homo. Ecoutez bien le texte c'est très bien écrit.... sauf une
erreur : on ne choisit pas d'être Gay... (mais on lui en veut pas, il est hétéro
rappeur !)
Le monde du
jazz est en effervescence !
Pour son 34ème
anniversaire, le festival NJP poursuit sa politique de découverte avec
une programmation toujours plus éclectique !
Fort de ses 43 000 entrées payantes et près de 100 000 spectateurs en
2006, Nancy Jazz Pulsations est désormais l’un des plus importants
festivals français et le plus important dans la région.
Au cœur du dispositif mis en place pendant deux semaines pour accueillir
les plus de 150 concerts au programme, une scène toute neuve pour le
Chapiteau du Parc de la Pépinière, qui outre les artistes jazz servira
également de cadre à une soirée world music. A l'honneur aussi pour
cette nouvelle édition, la musique funk qui fête son 40ème anniversaire
et à laquelle sera rendu hommage.
De nombreuses manifestations gratuites sont programmées sur toute la
période, avec à suivre également les rencontres solidaires des Magic
Quartiers et une exposition BD Music/BD Jazz, sans oublier
l’incontournable Nancy Jazz Poursuite.
"JOURNAL D'UN
APPRENTI PERVERS",
LE NOUVEAU LIVRE D'ALEX TAYLOR
Alex
Taylor, le journaliste britannique qui vit en France
depuis de nombreuses années et qui a travaillé pour
beaucoup de stations de radio et de télévision (PinkTV,
France 3, Arte ...) vient de publier un livre
autobiographique où il ne cache rien de sa vie sexuelle,
"Journal d'un apprenti pervers", chez Lattès.
Alex Taylor au
salon nancéien "le Livre sur la Place"
« Ce n’est que
vers onze ans, à la BBC que j’ai entendu pour la première fois
le terme homosexual. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’un
tel mot pouvait signifier même si je commençais à soupçonner le
frisson que sa seule évocation devait répandre dans les foyers.
Le lendemain je demandais innocemment le sens du mot à mon
professeur : « Ce sont des hommes qui s’appellent en général
Cecil, qui ont un poignet mou et aiment les matelots » me
répondit-elle. Ouf, pensais-je, heureusement, je ne fais pas
partie de ceux là. »
Alex Taylor a grandi en Cornouailles dans les années 60, fils
unique au sein d’une famille heureuse, sans histoire. Il
découvre tôt son homosexualité en rêvant de ressembler à Emma
Peel de Chapeaux melons et bottes de cuir, amazone toute de cuir
vêtue qui se jouait des traditions et permettait au jeune Alex
d’imaginer hors de l’Angleterre machiste et pudibonde un monde
de glamour fait de femmes et d’hommes extravagants. Après des
études à Oxford et ses premières expériences sexuelles, Alex
Taylor part à Paris. Tout en devenant professeur puis
journaliste, il profite de son « exil sexuel », milite et
découvre une sexualité libre, sans tabous ni limites, osant des
scénarii parfois trash où désir, peur et douleur sont mêlés.
L’auteur nous raconte sans fard et souvent avec humour et
autodérision ses expériences, ses amours fauchés par le Sida, du
Paris des backrooms, aux nouvelles fêtes branchées de Berlin en
passant par les boites fétichistes de Londres. Il se livre,
compare, juge les nouvelles tendances, s’interroge. Ses mémoires
d’un apprenti pervers sont ainsi l’occasion pour cet européen
avant l’heure amoureux des langues, de dresser un portrait
original de l’Europe, avec ses différences culturelles et
d’observer l’évolution des mœurs et des mentalités.